La situation juridique des notices bibliographiques est abhérante.
Il y a pas mal de discussions, en ce moment, en particulier sur la liste de discussion code4lib, à propos de la possibilité de créer un répertoire de notices bibliographiques open source. Tim Spalding pense en particulier qu’on pourrait partir
de la grande quantité de données MARC produites par la bibliothèque du Congrès et par d’autres institutions qui ne peuvent pas – ne peuvent vraiment pas – affirmer qu’elles disposent véritablement des droits d’auteur sur ces créations. [Il y aurait aussi] les bibliothèques disposées à contribuer avec leurs données – ou bien celles, étrangères [non-américaines] pour l’essentiel, qui sont en dehors d’OCLC ou bien celles qui sont prêtent à défendre les droits dont elles disposent sur ces notices créées à la sueur de leur front et qui circulent maintenant dans un système de licence. Les éditeurs pourraient participer en proposant leurs fils ONIX. LibraryThing a fait beaucoup de progrès à cet égard – les éditeurs veulent que leurs données circulent.
Il en va de même pour les BU françaises qui participent au Sudoc. La convention que nous signons stipule:
Au sens du Code de la Propriété intellectuelle (articles L 113-2 et 5), la base de données Sudoc constitue une oeuvre collective de l’esprit dont l’ABES, conformément à sa mission, est titulaire exclusive de l’intégralité des droits d’auteur.
Je suis d’accord avec Tim Spalding pour dire qu’il serait très difficile à l’abes (OCLC/LoC) d’attaquer en justice une bibliothèque qui donnerait ses notices. Pour tout un tas de raisons.
Juridique. L’abes se base, pour revendiquer les droits d’auteur, sur le fait que le sudoc est une oeuvre “collective”, et pas une oeuvre “de collaboration”. Dans une oeuvre collective en effet, les droits reviennent à la personne (morale) qui publie l’oeuvre. Dans une oeuvre de collaboration, chaque auteur conserve séparément ses droits. En l’occurence, il ne me parait pas absolument évident que le Sudoc soit une oeuvre collective. Quel est le critère de décision, normalement?
Est dite collective l’oeuvre créée sur l’initiative d’une personne physique ou morale qui l’édite, la publie et la divulgue sous sa direction et son nom et dans laquelle la contribution personnelle des divers auteurs participant à son élaboration se fond dans l’ensemble en vue duquel elle est conçue, sans qu’il soit possible d’attribuer à chacun d’eux un droit distinct sur l’ensemble réalisé .
Est-ce que cela n’implique pas qu’il faudrait qu’il ne soit pas possible de dire qui a fait quelle notice? Or chaque catalogueur se logge dans le système avec un identifiant personnel, etc. On peut, dans la convention, utiliser les notices correspondant aux fonds de la bibliothèque, y compris par une passerelle Z3950, mais “aucun déchargement de notices en mode professionnel n’est autorisé”. La notion de “mode professionnel” n’étant précisée nulle part. Et sachant que la convention autorise par ailleurs la diffusion des “références bibliographiques”.
Bref, je pense que la situation juridique des notices sudoc est, pour le moins, floue. Au moins pour les bibliothèques qui participent au Sudoc.
Par ailleurs il y a des obstacles plus “politiques”: le Sudoc va vraiment porter plainte contre mon université? Et contre toutes les universités qui font des catalogues collectifs avec des passerelles Z3950 permettant de télécharger les notices? Elle va vraiment attaquer en justice si je fais un catalogue collectif, malgré ce point particulièrement ridicule de l’annexe 3 de la convention: “nous souhaitons participer à des catalogues collectifs spécialisés. Cette participation requiert une négociation particulière avec l’ABES.”
Pour information, la convention n’est pas si mal faite: on peut quitter le sudoc aussi facilement qu’un appartement, avec une lettre recommandée avec accusé de réception respectant un préavis de 3 mois. (art VII).
A décharge de l’ABES, il faut noter qu’elle-même, absurdité dans l’absurdité, est soumise à des contrats tout aussi limitatifs signés avec la BnF ou la Bibliothèque du Congrès.
Finalement, en tant que bibliothécaire, on doit aussi noter que ce type de position et de contrat est en contradiction avec les discours officiels de la profession sur la circulation du savoir, les archives ouvertes, le soutien, souhaité par les bibliothécaires, des universités aux licences de type Creative Commons ou CECIL, etc. Bref, faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Bref, il me semblerait tout à fait souhaitable que l’ABES (et la LoC, et d’autres réseaux encore) modifie sa convention pour ce qui concerne les droits d’auteur, et place les notices du Sudoc sous une licence libre. Qui pourrait être prudente et, par exemple, je propose le contrat Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l’Identique: on doit dire que ce sont des notices Sudoc; on ne peut pas faire de l’argent avec des notices sudoc; on peut transmettre ces notices sudoc selon les mêmes conditions.
PS: faudrait que je créé un nouveau bouton pour barre de navigation à gauche de cette page, en-dessous de BIBLIO SYS, mais j’ai la flemme. Un truc genre “libérez nos notices”.
Interesting discussion. Since you did me into French, I’m going to keep myself in English.
Oddly enough, LibraryThing added SUDOC to it’s Z39.50 targets today.
The legal issues in Europe are probably different than those in the US. Most of Europe (France included?) has IP protection for databases. The US does not. So, for example, you can’t copyright a phone book in the US. Under US law “facts” cannot be copyrighted.
This has all sorts of important implications for library records. Surely the title of a book is a fact, as is the author. The table of contents is caught between fact and the publisher’s copyright–the cataloger has no claim there. Weight? Size? Folios? All facts. Indeed, about the only thing that’s NOT obviously a fact are subject headings, and even these are tricky. Many books have a very obvious place in the LCC or DDC. I for one am skeptical of the truth-value baked into categorization schemes, but it would certainly be ironic if OCLC based a case around denying the fact-ness of Dewey. (The actual DDC schedules are another matter, and much more defensible. I support their replacement by something free.)
Incidentally, while the LC can under some conditions assert copyright overseas, they can’t in the US. LC MARC records are as free as a photograph of General Patton on a jeep.
Oh, a final note on licenses. LibraryThing has never agreed to a license for a Z39.50 connection. If some legal wording is posted somewhere and I never agreed to it, I frankly don’t care. In the US at least, these sorts of “passive” contracts are of dubious legality. The reason is obvious. Have you visited LibraryThing? Did you see the legal page where I assert that browsers implicitly agree to grant us payment, first-born children and prima noctis with your daughter? Can we enforce it? It would be a hard case to make, in the US at least.
Très bonne idée le bouton et ce qu’il y a derrière!
A propos, je sais pas ce que tu utilises pour faire des boutons, mais ici : http://www.lucazappa.com/brilliantMaker/buttonImage.php il est possible d’en créer un en quelques clics! si tu le fais, je le mettrai sur mon blog ça c’est sur!