Au bureau, j’utilise Outlook comme logiciel de messagerie, et aussi comme outil de gestion de calendrier. Mais en fait j’utilise Google Calendar, car j’ai certes mon agenda professionnel, mais j’ai aussi mon agenda personnel, et je veux avoir les deux au même endroit, sur mon PC au bureau, mais aussi son mon PC à la maison. Donc en ligne plutôt que sur le poste.
Une objection que j’entends souvent contre les agendas en ligne, c’est que quand vous êtes en réunion et qu’on propose une date pour la réunion suivante, vous ne pouvez pas voir facilement vos disponibilités, à l’inverse de celui qui sort son petit agenda papier de sa poche. Mais j’ai un smartphone, que je peux synchroniser avec Outlook.
J’ai donc une synchronisation Google Calendar <=> Outlook <=> Smartphone.
Ce problème pratique m’a fait repenser à une conférence diffusée par Stanford sur les “environnements d’information personnels” (EIP), que j’avais consultée il y a quelques temps et que je suis retourné chercher (cf http://itunes.stanford.edu/ Jeff Pierce (IBM). From PCs to Personal Information Environments). Conférence très intéressante: l’idée est que ces EIP sont en train de remplacer notre ordinateur personnel.
Car nous avons en fait non plus un ordinateur personnel, mais beaucoup de choses qui, en fait, sont des ordinateurs. Pour moi:
- ordi de bureau
- ordi perso
- smartphone
- ipod
Pour d’autres on pourra ajouter l’ordi de bord de la voiture, un tablet PC, le Palm, le GPS, etc. La voiture est un cas intéressant, car d’une part l’ordinateur qui y est présent est secondaire par rapport à la voiture elle-même, et par ailleurs c’est un ordinateur qui va vous permettre d’y connecter d’autres ordinateurs (ou: outils-avec-une-puce-et-des-capacités-de-calcul): brancher le ipod sur l’autoradio par exemple. Confer: l’accord Apple/Volkswagen et les rumeurs sur une icar. Une sorte d’environnement informatisé.
D’où, pour IBM et pour nous, cette question: how to improve access to information across devices (comment améliorer l’accès à l’information sur des outils multiples)?
Car le premier problème est bien sûr que les communications entre ces outils sont difficiles. Une piste tourne autour de la notion d’identité: tous ces outils ont une chose en commun, ils sont les vôtres; une solution logique serait donc d’imaginer que ces outils se connaissent entre eux, du fait de leur lien partagé avec vous (et ils continuent bien sûr à pouvoir se parler entre eux de manière plus classique).
C’est ce qu’imagine le projet SEREFE (cf explication en français) qui étend le principe du chat aux outils: vos outils ont un compte de chat et communiquent entre eux.
Cas d’école: pensez à ce que peut faire un chercheur qui a un smartphone capable: 1/ de faire du chat pour demander un article à son bibliothécaire préféré; 2/ de récupérer un fichier lourd en FTP; 3/ de jeter un oeil au document sur son smartphone histoire d’être sûr que c’est bien à cet article-là qu’il pensait et: 4/ de le transférer sur le smartphone de son voisin, auquel il parlait justement de cet article dans les couloirs de la conférence; 5/ de se le renvoyer sur son propre PC au bureau pour le retrouver à son retour où il le relira à tête reposée.
Comment les bibliothécaires se positionnent-ils dans cet environnement? Si c’est ça l’avenir, on a pas mal de travail sur les SIGB environnements numériques de documentation. Votre avis?
Sinon, toute la conférence est intéressante et on peut aussi en tirer des choses intéressantes sur les interfaces (cf à env. 35mn en particulier).
ça me fait penser à une question un peu différente mais liée à ça. Il y a pas mal de discussions en ce moment sur les identités, en particulier, l’utilisation d’OpenID dans les milieux universitaires pour notamment que les services aux étudiants et chercheurs ne dépendent pas (uniquement?) d’identités attribuées par leur établissement. L’environnement de travail y est donc un environnement privé avec mon portail musical et autres services et mon identité n’a pas à changer quand je change d’affiliation.