A partir du 1er septembre 2008, je rejoins la société BibLibre. La société fait paraître une annonce de presse à ce sujet. Voici une explication plus personnelle.
Dans un billet récent, Jonathan Rochkind s’inquiétait d’un brain drain de bibliothécaires Américains reconnus en informatique documentaire des bibliothèques vers les fournisseurs; il citait les départs vers OCLC, LibLime, Talis, LibraryThing de “sommités” comme Roy Tennant ou Nicole Engard.
Je n’aurais pas la prétention de me comparer aux bibliothécaires cités par J. Rochkind, mais je me reconnais certainement dans les motivations qu’il mentionne: je veux travailler à réaliser, au sein d’une structure dynamique et innovante, le potentiel des bibliothèques en informatique documentaire dans un contexte de changements très rapides et d’opportunités énormes pour nos établissements. C’est ce que je ferai au sein de BibLibre.
Car je considère que nos fournisseurs d’outils et de services informatiques sont, de facto, les co-créateurs de la bibliothèque d’aujourd’hui. C’est une démarche moins naturelle dans la culture professionnelle des bibliothécaires français que dans le contexte évoqué par le billet de J. Rochkind, mais il n’empêche: dans une société privée qui sert les bibliothèques, ou dans la bibliothèque elle-même, je reste bibliothécaire, et je garde pour objectif ultime de faire progresser les services que nous proposons à notre public.
Les logiciels libres représentent pour les établissements documentaires une opportunité particulière: la souplesse de leur modèle économique, la rapidité et l’agilité avec lesquelles ils sont développés en font des outils qui contribueront au développement des bibliothèques sur le web dans les années à venir. Mais cette éventualité ne sera pleinement réalisée que si les bibliothèques peuvent être soutenues dans ces choix par une société qui prend à sa charge l’expertise nécessaire à la gestion continue de ce type de projet: c’est ce que BibLibre offre.
Nous pouvons, dans les années avenir, véritablement changer le visage de l’informatique documentaire dans les bibliothèques: c’est un défi énorme, le genre de boulot auquel on pense même sous sa douche, et je ne voudrais pour rien au monde rater ce train-là.
Alors comme ça le bibliothécaire “à tendance athée” (billet du 16 déc. 2007) rejoint une entreprise “fondée par des chrétiens engagés” (http://www.biblibre.com/node/16)… Bonne chance dans ce nouveau travail (mais qui sera désormais notre “personne ressource” [comme on dit en enssibais] en ce qui concerne le libre en bibliothèque ?)
Puisse ce blog rester aussi intéressant et franc sur les thèmes concernant la bibliothéconomie du coté service public et prestataires privés…
Bonjour,
J’aurais voulu savoir si le passage vers le privé se traduisait, dans votre cas, par une augmentation ou une baisse de vos revenus.
Merci
PS: je serais presque tenté de m’excuser de poser ce genre de question, que l’on n’aborde pas facilement sur la place publique, en France en tout cas. Pourtant, c’est un élément déterminant dans une carrière professionnelle.
Re:Maxime Szczepanski-Huillery
Bonne question.
En fait, ni l’un ni l’autre, pour une raison particulière: je ne suis pas salarié de l’entreprise, mais associé. Donc: revenus en hausse si la boite marche bien, revenus en baisse si elle marche moins bien.
Pour répondre plus complétement, j’avais déjà eu, ces dernières années, des offres pour passer dans le privé: elles n’étaient en général pas suffisamment intéressantes, financièrement, pour contrebalancer la perte de jours de congés, les questions de cotisation retraite, etc. Les conservateurs sont trop bien payés, pourrait-on dire, et pour ce que j’en vois, les sociétés du secteur informatique documentaire embauchent plus facilement, comme formateurs par exemple, des collègues BAS ou des gens qui étaient contractuels dans une bibli (quand elles embauchent des bibliothécaires, ce qui est assez rare, finalement).
>je serais presque tenté de m’excuser de poser ce genre de
> question, que l’on n’aborde pas facilement sur la place
> publique, en France en tout cas.
Et c’est d’autant plus inexplicable dans la fonction publique que le salaire d’un conservateur est établie par une grille qu’à peu près tout le monde connait et sur laquelle il ne peut y avoir aucune marge de manoeuvre pour l’employeur !