Dans le nouveau bbf (janv. 2008, vol. 53, n°1), je recommande tout particulièrement l’article de Sergio Dogliani sur les Idea Stores londoniens.
Les idea stores mêlent services de bibliothèque, d’étude et d’information. Une offre nouvelle avec un positionnement (marketing) nouveau pour la bibliothèque.
Ils sont parti, à Londres (en fait, précisemment, à Tower Hamlets, qui mêle le quartier d’affaires Canary Wharf et des quartiers nettement plus cracra, une sorte de mélange de la Défense et des quartiers pauvres de St Denis), d’un constat catastrophique: le taux de pénétration des bibliothèques n’était que de 20%, il fallait réagir. (chez nous à 20% on débouche le champagne, mais bon…).
Ils font une enquête pour faire émerger les besoins des usagers. Et ils adaptent le service à ces besoins. Je cite:
[...]le plus important était de pouvoir accéder aux services de la bibliothèque plus facilement. D’où, pour nous, la nécessité de lcoaliser nos bâtiments dans les rues principales et de les ouvrir plus longtemps (nous sommes passés de 46 heures hebdomadaires à 71, sept jours par semaine et 357 jours par an, comme les supermarchés), pour que le public puisse faire de la visite à la bibliothèque une activité quotidienne, n’exigeant ni programmation ni résolution.
(c’est moi qui graisse)
Je vous laisser lire la suite sur le BBF, c’est passionnant. Et je pense que lors de mon prochain passage à Londres, j’irais faire un tour à Canary Wharf…
A contraster avec les publications récentes du Président de l’ABF qui, non content de s’en prendre aux bloggeurs dans un déplorable éditorial de la revue de l’association (vous ne le trouverez pas en ligne), semble avoir sur ces questions une position assez claire. Dans son article “la bibliothèque, le livre et le lecteur” (c’est dans Regards sur un demi-siècle, cinquantenaire du BBF) il regrette l’élargissement des missions des bibliothèques au-delà de la lecture, en faisant référence aux bibliothèques berlinoises et britanniques: c’est un risque, dit-il, et on se disperse. Dommage.
Si les Idea Stores sont un risque, c’est pour une certaine idée de la bibliothèque, mais visiblement pas pour le succès public, incontestable.
Merci de signaler cette expérience passionnante. A propos de l’ABF, n’est-ce pas la même personne qui avait donné en référence les “community center” lors d’un ancien BBF consacré à l’architecture des bibliothèques? Il écrivait “La bibliothèque a également pris rang désormais de “centre culturel de rencontre”, ce que la bibliothéconomie de langue anglaise nomme “community center”… C’était alors novateur, wasn’it?
Dans un registre voisin, ça m’évoque les missions du futur Learning Center de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (http://learningcenter.epfl.ch/page56246.html), dont la première pierre a été posée cette semaine (http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=225530)