LibraryThing Local / ebooks et sites éditeurs

Deux sujets juxtaposés dans ce billet. Qui pourraient n’avoir rien à voir, mais à mes yeux, en fait…

LibraryThing ne cesse de me surprendre, et j’aurais pu titrer ce billet “Des start-ups du livre et de leur impact sur la vie du livre”.
Il y a beaucoup de ça dans l’histoire de LibraryThing: l’agilité d’une start-up, qui avec de petits moyens, beaucoup d’idées et d’énergie, avance et fait avancer le livre en ligne dans des proportions qui n’ont rien à voir avec ce que font, malgré les millions (de dollars et d’euros), les grands du secteurs, libraires ou éditeurs. Surtout éditeurs.
Bref: LibraryThing inaugure aujourd’hui un nouveau service: LibraryThing local. Vous pouvez ajouter des lieux liés au livre, localisés, classés dans quatre catégories: librairies, bibliothèques, foires/festivals, autre. Vous pouvez aussi vous localiser vous, en tant qu’usager. Et donc voir les usagers proches de vous.
Pour l’instant, pour la page de Lyon, France, on trouve 2 lieux que j’ai rentré vite fait. Mais Antwerp, où un testeur de la fonctionnalité s’est lâché, est plein de “lieux du livre”. Des librairies, des bibliothèques, des lieux occasionnels… et des lecteurs.
Ce n’est pas une chaîne du livre (un terme que je n’aime pas beaucoup), c’est un univers du livre.

J’ai découvert aujourd’hui deux autres choses triviales mais, m’a-t-il semblé, intéressantes.

Vous allez sur le site d’un éditeur français, disons Gallimard ou Actes Sud. Ou Le Seuil. Vous ne pouvez pas acheter les livres. Un éditeur vend des livres, pensiez-vous? Vous aviez tort. Il vous propose une notice bibliographique digne d’un catalogue de bibliothèque (Textes français – janvier 2008 / 11,5 x 21,7 / 260 pages / ISBN 978-2-7427-7169-1 / AS5535 / prix indicatif : 19,50 €), et c’est tout. D’ailleurs, c’est bien tout ce que sont ces sites: des catalogues. Et internet (qui n’est tout de même pas une invention toute toute récente, finalement) comme espace où les médiations sont différentes (cf LibraryThing ci-dessus) n’est pas du tout pensé. On fait des livres papier, et on “pense” chaîne du livre papier.

Vous allez sur le site de Random House ou de The New Press, d’éditeurs anglo-saxons petits et grands: vous pouvez acheter le livre.

Autre découverte du jour: faites une recherche de livres sur amazon.com, en allant dans la recherche avancée, en limitant par format “Kindle edition”, et par langue “french”. Résultats: 41. Il y a, en tout et pour tout, 41 livres francophones disponibles pour le Kindle: il semble que les éditeurs francophones n’aient pas souhaité ou pas pu proposer leurs livres via Amazon Kindle.
Et regardez les prix: Madame Bovary pour 0,99$. Soit, au change de ce jour, 0,65€.

Ces découvertes mises bout à bout dans une même journée: je ne vois pas comment tout ça pourrait ne pas changer l’économie du livre… et la loi sur le prix unique. Et les quelques livres sous droit qu’on aura demain dans Gallica n’y changeront rien.

6 Responses to “LibraryThing Local / ebooks et sites éditeurs”


  1. 1 MRG

    Tu as remarqué que si tu vas à Paris, tu ne trouves pratiquement que des librairies anglophones?

  2. 2 Benoit Epron

    Pour compléter nos recherches sur cette question du “prix unique du livre numérique” :
    Deep Storm (Kindle Edition)by Lincoln Child: 7,96$ sur amazon.com
    Le même livre en version électronique mobipocket : 9,95$ sur mobipocket.com

    The Ten-Day MBA
    By: Silbiger, Steven A.
    Published By: HarperCollins US
    Mobipocket.com : 12$
    ebooks.com : 12$
    amazon.com Kindle : 9,60$

    Au final, on peut imaginer que la concurrence commerciale entre les readers passera aussi par une guerre des prix sur les fichiers à télécharger, en plus de la taille des catalogues.
    Dans le monde du DVD, la dernière guerre des formats a débouché sur la mort du HD-DVD et la victoire du blue-ray, au grand dam des early adopters du premier format…

  3. 3 Chaps

    Va-t-on enfin voir des articles annonçant la mort des petits et gros libraires urbains comme on voit ce même genre d’articles annoncer la mort des bibliothèques depuis de nombreuses années.

    Ce ne serait que justice que l’ensemble de la profession partage la déprime qui touche certains de nos collègues en bibliothèques ;)

    “vive la bibliothèque virtuelle pleine de livres et vide de lecteurs” comme je l’ai entendu encore 3x la semaine passée.

  4. 4 nicolas.morin

    Re:Chaps
    A mon avis, ils sont mal barrés, effectivement. Par exemple, dans le programme ministériel pour la numérisation et commercialisation via Gallica des ouvrages sous droits, ils sont les grands absents.
    De là à prédire leur disparition, peut-être pas, mais il est possible qu’ils vivent des temps difficiles.

  5. 5 karl

    LibraryThing est intéressant. L’architecture de l’information et le design pourrait tendre à plus de simplicité tout de même. C’est un peu chaotique.

    Au moins ils sont honnêtes

    Privacy
    LibraryThing allows “private” libraries—libraries that others can’t see. We promise to try hard to maintain this privacy. As a beta application and a wiggly one, we cannot give an absolute 100% guarantee of privacy.

  1. 1 LibraryThing Local at Bibliotecários Sem Fronteiras 2.0

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