Primo / alphasearch

J’ai déjà parlé ici de Primo, le logiciel de “découverte” (i.e. recherche) nouvelle génération de chez Ex Libris.
J’avais vu 2 démos commerciales et examiné rapidement le principe de fonctionnement général, qui me paraissait particulièrement intéressant.
On peu désormais faire joujou avec Primo dans la version test mise en ligne par l’université Vanderbilt et appelée alphasearch chez eux: c’est à l’adresse http://alphasearch.library.vanderbilt.edu/.

Je vous laisse explorer la chose de votre côté. Voici ma première impression (qui n’est pas un jugement définitif et ne prétend à rien de plus qu’à être juste ça: une première impression).

J’ai fait une première recherche tous mots Don Quixote.

La première chose qui me frappe dans la liste de résultats, c’est tout le système de “tamis”: je veux dire par là la possibilité de filtrer l’ensemble de 571 résultats selon des critères différents: la disponibilité des documents (éliminer tous ceux qui sont actuellement en prêt); s’ils sont disponibles en ligne ou pas; par créateur (avec quelques incohérences, comme NetLibrary considéré comme “creator”); par langue (espagnol, trad. anglaise, française), etc.

Second intérêt: le regroupement type FRBR des notices pour le roman de Cervantès, dont on nous dit, en une ligne, qu’il est “disponible dans 215 versions en 4 langues” plutôt que de nous proposer directement une liste de 215 notices. Je n’ai pas vu d’incohérences dans le regroupement (des notices qui ne sont pas Don Quichote mais que l’algorithme aurait malgré tout récupéré) mais l’algorithme ne récupère pas toutes les versions de Don Quichote.

Bien sûr on peut ajouter des tags, voir les siens ou tous. Mais du coup on rencontre le problème de toutes ces fonctionnalités dites “sociales”: ça ne marche qu’à partir d’une certaine masse critique. Quand on propose quelques tags seulement, ça a peu d’intérêt. D’où l’intérêt, à mon avis, de pré-peupler le catalogue des tags de Librarything. Cf aussi ce que disait Tim Spalding de la question de savoir pourquoi, dans Amazon, les gens ne mettent pas tant de tags que ça: parce que ce n’est pas leur bibliothèque. A mon avis, Primo rencontrera le même problème: dans un outil de ce type, lié à la bibliothèque, on fait des paniers et des lots, avec tags, de façon utilitariste, pour le cours de telle année, ou l’exposé à faire le mois prochain; on ne constitue pas sa bibliothèque perso, avec ses tags, appelés à perdurer… Ce qui ne signifie pas qu’on enlèvera les tags mis dès qu’ils ne seront plus utiles: on ne prendra pas cette peine; mais il faudra beaucoup de temps pour qu’à force d’exposés et de bibliographies de cours, la masse critique des tags soit atteinte dans le système.

On peut aussi bien entendu enregistrer ses recherches en RSS, blablabla. Et il y un “espace de travail” personnel auquel je ne peux pas accéder, n’étant pas de Vanderbilt.

C’est encore un peu bricolo (des liens vers Amazon qui mènent à des pages 404), mais c’est certainement plus convaincant qu’un opac standard. Graphiquement, c’est un peu raide encore: sur ce point, faisons crédit, c’est encore une version test.

A revoir quand ce sera véritablement en production. Mais je dois avouer ne pas avoir sauté au plafond: ça ressemble encore pas mal à un opac, non?

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3 Responses to Primo / alphasearch

  1. syma says:

    L’aspect FRBR est quand même assez bluffant ! Pour les tamis, je sais pas si tu as vu, sorti cet été, la solution vufind, basée sur solr et qui propose une solution toute faite autour de cet outil de recherche. J’ai fait un post sur la mise en place de l’outil.

  2. Yann says:

    “toutes ces fonctionnalités dites “sociales”: ça ne marche qu’à partir d’une certaine masse critique”
    => Oui. Et si on fait la pari que les tags restent pertinents hors de leur contexte initial de “tagging” (et tu fais ce pari en suggérant d’exploiter les tags de LT), alors exploitons aussi l’existence du réseau Sudoc : couple id de notice (ppn) / tag.
    Que le tag soit épinglé dans le catalogue local ou dans le catalogue collectif, tout le monde pourra en profiter.
    Bon, en toute rigueur, ce ne sont pas des notices qu’on taggue, mais… des oeuvres, des versions (frbr:expressions), des éditions (frbr:manifestations), voire des exemplaires (frbr:items). Là encore, la masse (critique) d’OCLC et leur efforts (admirables) de FRBRisation les mettent en situation de devenir un serveur universel de tags pour oeuvres (idem pour LT et Google Books). Ils ont déjà des identifiants pour oeuvres (alors que les ISBN identifient seulement les manifestations). Ils viennent de faire de xISBN un service Web commercial. Mais il leur manque un truc : on ne peut pas tagguer Worldcat (ou j’ai raté un truc … ?).

  3. cecile says:

    Trés proche de l’interface que propose Innovative et son nouveau produit Encore, non? A voir sur le site de l’Université Binghampton

    http://1bing-mt.iii.com/iii/encore/search/